Fascinée par le corps souffrant, le corps prisonnier, le corps contraint, j'éprouve énormément de tendresse pour tous ceux dont le corps semble être un fardeau plus qu'un moyen. C'est pourquoi j'ai été particulièrement touchée par l'histoire de Laloo.
Laloo est un "monstre" dès sa naissance: il possède deux corps, dont l'un sort de la poitrine de l'autre et semble avoir la tête plongée dans le coeur de son frère. Laloo est né en Inde en 1869 et fit de nombreuses tournées avec des cirques. Son frère parasitaire était habillée en fille bien que souvent en érection! Laloo s'est marié à 25 ans, mais n'a pas eu d'enfants (à ma connaissance). Laloo et son frère sont morts, durant une tournée, dans un accident de train en 1905.
Voilà en peu de mots ce qu'on trouve sur Laloo, mais qui peut imaginer ce que fut réellement sa vie?
Ce que j'aime chez ces freaks, mis à part que je m'adonne certainement à une forme de voyeurisme, c'est l'humanité, l'image de l'humanité, la diversité de cette humanité qui classe les différences et étudie ses monstres oubliant parfois qu'ils sont humains.
Ce que j'aime chez le monstre, c'est son humanité. Ce qui me fascine chez l'humain, c'est sa monstruosité. Le monde tourne mais la boucle n'est jamais bouclée.
J'ai croisé sur myspace, Gordon War qui offre, parmi ses travaux, quelques dessins de frères que je nommerais "parasitaires" car ils paraissent également possédés et proies de leurs corps (en tout cas, c'est la perception que j'en ai):