Un parcours d'autodidacte, en dents de scie...

Je suis passée au vernissage de PAUL TOUPET cette semaine (l'expo est toujours en cours) et ses petits enfants-lapins m'ont profondément émue.
Ils vomissent des tresses et portent des masques.
Ils semblent tétanisés par un grand cataclysme, mais j'ignore s'il s'agit d'une catastrophe extérieure ou intérieure. Peut-être la perte de l'enfance? Peut-être la retenue de l'enfance?
Ils semblent si fragiles qu'on aurait envie de les prendre tendrement dans nos bras. Ils ne nous attendent pas, vivent leur histoire indépendamment de la nôtre, puis entrent doucement dans notre intimité pour, en toute liberté, promener leurs peaux de cire sur nos carcasses de chair.
Que se cache-t-il derrière leurs masques? Pourquoi sont-ils brûlés, carbonisés? Que leur est-il arrivé? Leurs regards ne sont pas à notre portée mais on les devine, on les imagine, on se les approprie en quelque sorte. Ils forcent le respect car on se sent impuissant devant leur savoir et devant leur détresse qui n'en est peut-être pas une. Bien qu'apparemment enfants, ils n'en possèdent pas moins une expérience qui paraît sans age, qui dépasse de loin la nôtre et semble les avoir laisser là, offerts à nos mirages.
Ces créatures m'ont impressionnée, j'en parle mal, le mieux c'est d'aller à leur rencontre et peut-être trouverez-vous vos propres mots, à moins que leur silence ne vous laisse là, comme ça, à faire travailler votre imaginaire plus que vos bouches ?